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La puissance du Guerrier

Quand la force se met au service d'une cause juste, elle devient bénédiction.

Votre énergie de Guerrier peut déplacer des montagnes

Votre personnalité se compose de plusieurs parts qui remplissent des fonctions différentes : le leadership, l'action, la pensée, le sentiment. En travaillant avec ces parts une à une, l'efficacité et la puissance d'un accompagnement de vie s'en trouvent profondément amplifiées.

Aucune de ces parts n'est plus ou moins importante que les autres — toutes ont besoin d'œuvrer avec justesse, dans un équilibre énergétique, pour que vous puissiez réussir dans le monde.

Je voudrais ici vous parler un peu plus de la part de votre personnalité qui prend en charge l'action dans le monde, l'accomplissement des choses. C'est aussi la part qui défend vos limites quand elles sont attaquées, et qui vous protège des actions d'autrui.

On pourrait nommer cette part « l'Homme d'action » ou le « Gardien de l'action ». Dans le langage des archétypes, on l'appelle le Guerrier.

Vous vous demandez peut-être pourquoi nous parlons d'« archétypes » ? Pour une raison simple : ce sont des parts fondamentales de la personnalité de chaque homme et de chaque femme. C'est tout ce que désigne le mot archétype — une part de la personnalité que l'on retrouve clairement chez tout être humain. Le point essentiel : un praticien de Shadow Work peut travailler avec vos différents archétypes de bien des manières au cours de vos séances d'accompagnement.

Les Guerriers ont de l'énergie

Le Guerrier qui vit en vous se préoccupe de s'avancer dans le monde et d'y faire advenir les choses. Il bâtit, il agit, il fait arriver. Et il défend aussi les frontières de votre Royaume — qu'il s'agisse de votre entreprise, de votre famille, de votre maison, de votre monde.

Le Guerrier dans votre monde

Les Guerriers ont mauvaise presse dans nos sociétés — et il y a de quoi. L'inhumanité de la guerre aux 20e et 21e siècles a dépassé tout ce que les esprits les plus sombres pouvaient imaginer. Et hélas, l'essentiel de cette énergie guerrière reste associé à la masculinité et aux hommes — quand je regarde le monde, je ne vois pas beaucoup de femmes déclencher des guerres d'agression.

Pas étonnant, donc, que l'énergie du Guerrier ait mauvaise réputation, que les femmes en aient peur — ou, à tout le moins, qu'elles soient mal à l'aise face à elle. Même l'agressivité simple est marquée du même sceau de désapprobation, du même soupçon de danger. Le problème est que cette énergie — qu'on l'appelle agressivité, colère, ou plus sobrement « énergie » — est une part inhérente de chacun de nous. On ne peut pas la souhaiter disparaître. On peut, en revanche, la rendre consciente et, par là, la ramener sous son contrôle. C'est cela qui compte : passer à l'action.

Si votre propre Guerrier vous semble hors de contrôle, consultez un coach ou un thérapeute capable de l'apaiser. Le soutien idéal vient ici d'un praticien de Shadow Work — les hommes et femmes formés à cet accompagnement maîtrisent l'art de faire sortir l'énergie du Guerrier de l'Ombre pour la ramener dans la conscience, où vous en aurez la maîtrise.

Car ces impulsions « colériques », si elles sont étouffées, refoulées, enfouies dans l'inconscient, ne disparaissent pas — elles s'accumulent jusqu'à exploser sous une forme bien plus dévastatrice. Moore et Gillette, dans leur livre Le Roi, le Guerrier, le Magicien, l'Amant, évoquent les recherches de Jane Goodall sur la société des chimpanzés. Goodall a vécu des années auprès des chimpanzés en Afrique. Elle rapporta d'abord que ces grands singes étaient des créatures harmonieuses et aimantes. Rappelons-le : les chimpanzés partagent 98 % de leurs gènes avec nous — ou nous avec eux. C'est notre plus proche parent dans la famille des primates.

Et pourtant ? Jane Goodall finit par découvrir que ces chimpanzés n'avaient rien de pacifiques. Ils faisaient en réalité la guerre à d'autres tribus, tuaient des bébés, et la maltraitance, le « vol », le meurtre et l'agression y étaient monnaie courante.

Cela conduisit Robert Ardrey, dans son livre The Territorial Imperative, à affirmer que les êtres humains étaient gouvernés par les mêmes instincts. Cette lecture est trop simpliste. La différence entre nous et les chimpanzés, je crois, tient à notre néocortex hautement évolué — il nous donne une conscience qui nous permet de choisir comment nous agissons en chaque situation. Plus précisément, nous pouvons choisir ce que nous faisons de nos énergies archétypales. Le Guerrier ne fait pas exception. Nous pouvons choisir de canaliser cette énergie de manière agressive, ou de manière constructive.

Que choisirez-vous ?

Notre Guerrier est cette part de nous qui s'avance dans le monde et y fait advenir les choses. Idéalement, sous les ordres du Roi ou de la Reine. Car c'est cela — ou cela devrait être — la force directrice de nos Royaumes.

Et si un Guerrier peut, de fait, servir un roi tyrannique, une cause injuste, ou s'engager dans la cruauté et le mal contre l'humanité, cela ne rend pas l'énergie du Guerrier mauvaise en elle-même. C'est plutôt l'usage qui en est fait qui dévie, le plus souvent, de sa juste trajectoire.

Vous mesurez alors le peu de goût, voire le rejet, que suscite l'énergie « guerrière » dans notre monde, sous mille formes. L'une des plus visibles : combien elle est réprimée dans nos vies individuelles.

Bien entendu, tout ce qui est refoulé finit par trouver une issue — souvent par des voies indirectes mais tout aussi blessantes. Les jeux vidéo violents et les films violents sont devenus la norme dans la société, ces derniers diffusés en toute impunité à la télévision ou au cinéma. Et certains gestes mis en scène dans les jeux ou sur les écrans dépassent largement les standards de décence et de compassion que la plupart des gens voudraient porter dans leur vie quotidienne.

Alors, qu'est-ce que la véritable énergie du Guerrier ?

Pour le dire simplement : le Guerrier est l'agent du changement dans le monde, et il agit au service de ceux qui détiennent le pouvoir légitime. C'est un cadre de lecture entièrement différent. Il s'agit d'accomplissement constructif, de s'avancer dans le monde et d'y faire advenir les choses, de transformer le monde pour le mieux.

Robert Moore et Douglas Gillette donnent de nombreux exemples montrant comment l'énergie du Guerrier a permis de transmettre des traditions précieuses, d'élargir la civilisation et de faire grandir la culture humaine. Cela s'est fait, généralement, par des Guerriers incarnant le courage et la dévotion à une cause plus grande qu'eux.

Ainsi, l'énergie du Guerrier est l'un des grands artisans de la construction du monde — individuellement et collectivement. Notre tragédie est qu'elle ait été à ce point corrompue et détournée par ceux qui cherchent à en tirer avantage.

Le Guerrier dans sa pleine mesure

Le Guerrier dans sa pleine mesure — sa forme la plus mature — est très éloigné de l'image du Guerrier enrôlé de force, jeté dans une armée où il a été conscrit, combattant pour une cause qu'il ignore et dont il se soucie peu. Il peut, certes, déployer des qualités agressives — mais ce mot prend ici une tout autre couleur.

Il y a l'agressivité pour l'agressivité. Et il y a, en nous, une énergie qui nous pousse à passer à l'offensive et à sortir d'une posture défensive, déprimée, soumise face aux défis et aux problèmes de la vie.

Pour les femmes, l'énergie du Guerrier peut se manifester davantage dans la défense de ce qui est, plutôt que dans le désir de changer ce qui est — même s'il est tout aussi vrai que les femmes peuvent déployer une énergie de Guerrier aussi forte que les hommes, dans le monde des affaires par exemple, dès lors qu'elles le décident.

La question, bien sûr, est de savoir comment nos Guerriers reconnaissent ce qui s'impose dans une situation donnée. La réponse n'est pas simple. Mais à l'essentiel : les Guerriers savent intuitivement ce qui est requis parce qu'ils sont hautement entraînés.

Bien des auteurs ont écrit sur la classe des Guerriers — et même si je tiens à éviter les clichés, il y a une part de vérité dans l'idée d'un entraînement individuel des hommes et des femmes au combat. L'exemple classique est celui du Samouraï. Ces Guerriers-là n'étaient pas pour autant des automates partant à la guerre au moindre désir de leur Empereur.

Ils faisaient leurs propres choix, leurs propres décisions. Ils ne servaient une cause ou un chef que tant qu'ils estimaient cette cause juste et ce chef légitime. Cela nous mène à une qualité essentielle du Guerrier : le discernement.

Les Guerriers savent discerner la manière de dépenser leur énergie. Ils peuvent recourir à un assaut frontal — ou à une approche stratégique plus rusée. Ces deux voies peuvent exiger toute l'énergie qu'un Guerrier puisse mobiliser, mais l'approche stratégique est plus subtile, plus indirecte. Autrement dit : le Guerrier est intelligent et sage — et capable de subtilité quand ses combats l'exigent.

Il existe aussi une différence entre l'énergie de Guerrier mûr d'un homme dans la force de l'âge et l'énergie de Guerrier immature d'un jeune homme. Peut-être les jeunes hommes ont-ils le devoir d'être héroïques. Après tout, ils ont une mission : s'avancer dans le monde pour découvrir qui ils sont, quelle est leur place, et — finalement — qu'ils ne pourront pas vaincre le monde. Tel est le voyage du Héros chez le jeune homme.

Les héros sont romantiques, et ils se croient souvent capables de changer le monde à eux seuls. Il faut parfois quelques leçons rudes — inévitables face à l'arrogance du jeune homme — avant qu'un héros mûrisse en un véritable Guerrier masculin et accompli.

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